mercredi 10 février 2010

L'intelligence des risques: soutien ou moteur de l'innovation? Repenser le principe de précaution

Le mardi 2 février 2010, François Ewald a présenté l'étude "Aux risques d'innover. Les entreprises face au principe de précaution" dans le cadre des réflexions du soir de l'institut Diderot.

Le principe de précaution, notion galvaudée, souvent mal comprise, fait actuellement l'objet d'une évaluation de sa mise en oeuvre par le Comité d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée Nationale. Cette évaluation a été décidée par le Président Accoyer fin octobre 2009 et sera adoptée au cours du second trimestre 2010.

De ces débats, il apparaît, entre autres et à mon sens, plusieurs perspectives et interrogations aux entreprises pour mieux composer avec le principe de précaution à l'avenir:

1) Comme à la RATP, la première mesure à prendre par les entreprises peut être de créer un poste de risk manager, fonction largement absente des organigrammes, même des plus grandes entreprises du pays.

2) Plutôt que de travailler en réaction à la dénonciation des risques potentiels que la société voit en certains produits, agir plus en amont avant de mettre une innovation sur le marché et agir sur la perception des risques, leur acceptance par les citoyens, serait une possibilité pour intégrer de façon plus intelligente le principe de précaution.

3) François Ewald s'est montré assez critique envers le déplacement du pouvoir de décision vers les sciences humaines aux dépens des sciences dures, mais, au risque d'être utopique, un principe de précaution décomplexé n'implique-t-il pas que les innovations se fassent d'après l'observation des attentes de la société, dans une démarche bottom-up, plutôt que en "push" par les scientifiques comme c'est le cas des entreprises traditionnelles? C'est une autre façon de penser le business, certes, mais l'Humain serait au centre et le consensus serait plus présent.

Sources: Comité d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée Nationale, voeux du Président Accoyer, Institut de l'entreprise.

François Vidal Castel

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