vendredi 26 février 2010

Quelle Intelligence Économique pour les professionnels de la finance?

L'utilité de l'Intelligence Économique au sein de l'entreprise est aujourd'hui une chose avérée. Il serait inconsistant de vouloir nier cette multi discipline qui a depuis, parcouru du chemin en France ainsi qu'à l'échelle internationale, et qui s'est révélée être une des pratiques incontournables de gestion des nouvelles organisations.

Dans un contexte économique morose, complexe et marqué par une crise structuro - économico financière sans précédent, il serait intéressant de s'interroger sur les apports qu'offre l'Intelligence Économique aux professionnels des marchés bancaires et financiers afin d'anticiper les périodes récessives, mais surtout, quel est son rôle à jouer pour renouer avec la reprise sans pour autant tomber dans les excès de la spéculation, qui sont les prémices de la formation d'une crise.

1- Les apports de l'IE à l'instant t-1 et t (Collecte, Traitement et Diffusion de l'information):
  • L'intelligence des marchés financiers: Tout décideur a besoin d'une information à valeur ajoutée pour décider puis pour agir. Par conséquent, un trader, acteur financier parmi d'autres, qui opère dans une salle de marché, doit disposer de la bonne information au bon moment afin de prendre la meilleure décision possible, tout en sachant qu'il n'existe pas de certitudes sur les marchés. Il faut apprendre à composer avec le risque.
  • La gestion des risques, de manière générale, doit être appliquée par les banques et les assurances afin d'analyser les crédits à octroyer, et d'étudier les dossiers de financement. De plus en plus cette fois-ci, l'accent est mis sur la solvabilité des emprunteurs afin d'éviter un scénario catastrophe comme nous l'a rappelé la crise des subprimes.
  • Le risque pays permet d'étudier la situation économique, financière, sociale et politique d'un pays à travers son aspect géographique. La situation est décryptée de manière très précise afin d'émettre des signaux faibles et lourds en direction des investisseurs désireux de s'implanter à l'étranger. Les informations collectées, traitées, analysées puis diffusées sont à la base des décisions des investisseurs institutionnels et privés.
  • Public Affairs ou Relations Publiques, est une fonction stratégique pour les institutions et organismes bancaires et financiers. En effet, les marchés financiers sont très volatils et se montrent très réceptifs aux informations émises et reçues de la part des acteurs du marché. C'est la raison pour laquelle des rumeurs de démission du PDG d'un grand groupe, de délits d'initiés, de fraude, etc..., doivent vite être éteintes ou démenties afin de ne pas provoquer de panique sur les marchés.
  • la rétrospective (t-1): connaître le passé, pour saisir le présent et maîtriser l'avenir. Les bilans conjoncturels des années précédentes doivent être analysés afin d'appréhender le présent et de mieux préparer l'avenir.

2- les apports de l'IE à l'instant t+1 (Construction et Anticipation)
  • La prospective permet de mettre en place des scenarii d'évolutions possibles afin de les étudier minutieusement pour mieux les comprendre, et donc de mieux les envisager, s'ils venaient à se concrétiser.

Il faut donc que les professionnels de la finance s'efforcent de trouver un juste équilibre entre ces composantes de l'Intelligence Économique, afin de retarder l'échéance des bulles spéculatives, qui ne sauraient disparaître quelle que soit la situation, car elles s'inscrivent dans un système itératif, autoentretenu et probable, mais dont les conséquences peuvent être maitrisées.

Il convient de préciser également que l'Intelligence Économique intervient surtout en amont de l'ensemble des disciplines évoquées ci-dessus.

Youssef Benkirane

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