mercredi 26 mai 2010

Le soft power chinois en Afrique

Il n'est plus possible aujourd'hui pour la France de se reposer sur ses acquis passés. Les autres puissances mondiales tentent en effet de conquérir l'Afrique. Ainsi la "Chinafrique" (1) supplante peu à peu la "Françafrique". Et comme le souligne Benoit Sarazin dans son blog, les manquements de la Chine aux droits de l'homme dénoncés par les occidentaux n'y changent rien.

Il semble donc que l'Afrique soit le nouvel Eldorado des chinois. Ces derniers y voient une terre riche en matière première minière et un continent où tout ou presque reste à faire. Cela représente autant d'opportunités pour les entreprises chinoises, conscientes par ailleurs d'être bien plus compétitives que leurs homologues occidentales. La Chine et l'Afrique développent ainsi de nombreux partenariats et la Chine fait de ses contrats des packages à l'encontre desquels les occidentaux n'ont pas les moyens de surenchérir ; il est ainsi fréquent qu'en réponse à un appel d'offre les chinois offrent en plus de construire une route, une école ou un dispensaire. Cela contribue à développer une image favorable des chinois aux yeux des africains et, ce faisant, à accroître l'influence chinoise en Afrique.

En effet, la forte présence de la Chine en Afrique n'est pas le fruit d'une conjoncture internationale hasardeuse mais le résultat d'une véritable politique d'intelligence économique. Les chinois s'appuient sur le volet de collecte et de traitement de l'information et sur celui du lobbying pour déployer leur stratégie de puissance. La recherche de renseignements s'est développée sous l'ère Maoïste et permet à la Chine de saisir les opportunités qu'elle détecte et de connaitre le positionnement de ses concurrents. Ensuite, la stratégie d'influence lui permet de mieux se positionner, notamment lors des appels d'offre, et de s'assurer du soutien de l'Afrique.

Benjamin Pelletier auteur du site "Gestion des risques interculturels", énonce dans le résumé d'un diner sur les relations sino-africaines, que les universités chinoises ont accueillies 3 737 étudiants africains en 2006, soit une hausse de 40% par rapport à l'année précédente ! Et les bourses pour les étudiants étrangers devraient s'élever à 5 500 dans les années qui suivent, alors qu'en France sur 100 000 étudiants africains, environ 4 500 jouissent d'une bourse.

La Chine développe également son influence en Afrique en rappelant régulièrement que, tant la Chine que les pays d'Afrique sont en voie de développement, et que ces deux régions possèdent des liens anciens, dénués de toute colonisation, contrairement à la France notamment.

Enfin, et malgré la crise actuelle, la Chine a les moyens financiers de rester en Afrique et de continuer à y investir. D'après Le Quotidien du Peuple, les investissements de la Chine en Afrique ont augmenté de 70% durant les 9 premiers mois de l'année 2009. Lors du dernier sommet sino-africain à Charm-el-Cheikh en novembre 2009, la Chine a annoncé le versement de 10 milliards de dollars de prêts dits bonifiés sur les 3 prochaines années.

(1) Serge MICHEL et Michel BEURET, La Chinafrique, Editions GRASSET et FASQUELLE, 2008 (suggestion)

Aline GOLETTO-DIDIER

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